dimanche 21 février 2010

Vivre en Tunisie c’est aussi visiter, faire du tourisme






Depuis le mois d’Octobre j’ai eu le temps est l’occasion de quitter Tunis pour aller voir du pays et rencontrer des tunisien non tunisois !

A commencer par deux petits tours dans le sud tunisien à Douz, la porte du Désert.
Le premier au mois de Novembre et le deuxième en Décembre. Mais que se cache –t-il à Douz pour y retourner si rapidement ?
D’abord je pensais au désert, à mes retrouvailles avec lui depuis la Mauritanie. Et je l’ai retrouvé, beau, calme, reposant, profond et apaisant. Pieds nus j’y ai enfoncé mes pieds et mes mains pour mieux m’ancrer et me ressourcer. J’ai passé des heures à te regarder, dunes après dunes, couleurs après couleurs. Je t’ai pris dans les mains, je t’ai parlé et je t’ai libéré. A dos de chameau (Maurice de son petit nom), je t’ai un peu parcouru.
Magique !




Et puis sur la route tu m’as surprise. A peine assise dans le louage qui nous amenait vers le désert, les les filles et moi, tu as mis sur notre route Mohammed. Et de là toute sa famille : sa femme Samira, son fils Yemen, Sa mères, sa sœur Sarah et ses frères chowki, Amer, Moncef….
Un sens de l’accueil gros comme ça ! Une reconnaissance instantanée, une amitié immense……. Comment dire et décrire ce qui s’est passé dés le premier:"A ‘slama………". Peut-être en racontant directement la fin de l’histoire: notre retour à Douz, le fait que l’on soit considérée commes les filles, les sœurs de la maison, les appels réguliers ici à Tunis pour prendre des nouvelles et savoir quand on revient à la « maison ».
Le partage avec un grand P, de leur temps,, de la cuisine, de leur désert, de leur culture (mariages, habits traditionnels, petits artisanat familiale, festival du désert…) et surtout de leur vie familiale.

Quelques brèves tunisiennes





Bientôt six mois en Tunisie, déjà ! Le temps passe vite. Six mois bien remplis, un petit quotidien bien rodé, des découvertes, des connaissances des apprentissages, quelques frustrations et quelques critiques et encore de nombreux projets et questions.

Le quotidien :
Mon quotidien de coopérante n’est pas si différent. Car ma foi vivre en Tunisie et travailler en Tunisie, c’est comme partout: se lever chaque matin, prendre une douche, petit déjeuner et partir travailler. Etre professeur, cela veut dire avoir un emploi du temps fixe pour l’année : lundi grammaire, mardi expressions orales et écrites puis exercices, jeudi vocabulaire ou lecture et enfin vendredi conjugaison. Ce sont aussi de réguliers week-end et fins de journées voués à la préparation des cours, des exercices, à l’étude des programmes et à la correction des copies. Les mardi soir dans le bureau de Bertrand, notre directeur à dire mon ras- le- bol et mon incapacité à gérer mes élèves, à refaire la pédagogie, à chercher des solutions. Brefs un quotidien bien cloisonné entre les murs du collège et de la maison. Mais c’est aussi le mardi, le repas à la cantine, suivit de près par le café en ville avec Sabrina, le rire et le sourire de Michel qui est toujours là pour m’écouter et me tenir informer du score le l’OM et les petites poses à l’infirmerie chez Françoise.

C’est aussi les après- midi du lundi, mercredi et vendredi, consacrées à l’alphabétisation pour adultes, tunisiennes et africaines. L’alphabétisation, une vrai récréation et bouffée d’air pour moi ! Elle me réconcilie avec le français, l’enseignement et m’offre une approche sociale et humaine plus directe et simple avec la Tunisie. Toujours présentes, attentives, motivées et souriantes, ces brins de femmes de tout âge, et d’histoires différentes, donnent un sens concret à ma mission et me transmettent leur énergie. Bien sûre il y aurait à redire sur l’organisation, le surpeuplement des cours qui limite les moyens ; mais ce ne sont jusqu’à présent que des instants de bonheurs partagés.

Il y a aussi depuis l’incendie à la bibliothèque, mes jeudi après-midi à l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes) tenue par les pères blancs, à donner un coup de mains, à trier les livres, à les sécher page par page, les nettoyer page par page. Travail minutieux et laborieux mais qui me rappelle un peu sur certains points ma belle discipline archéologique.

Et puis c’est rentrer le soir à la coloc, être fatiguée, être là pour les filles, raconter sa journée, écouter celle des autres, acquiescer, sourire ou se taire, faire la cuisine, se poser dans sa chambre, décider de se faire un apéro pour bien finir la journée (et oui l’apéro est régulier au 7 sidi saber).
C’est aussi avoir l’impression d’être seule, de voir et de tout faire qu’avec les bnets (filles), de manquer d’amis à soi, extérieurs. C’est les soirs et les week-ends où on est tellement fatigué que l’on ne sort pas, ou on reste en mode collège, où il n’y a pas grand-chose à faire.
Car il faut avouer que le soir ou les samedi sont des temps en famille et que tout ferme tôt, sans compter qu’une ou des filles seules le soir ici c’est moyennement conseillé.

Un quotidien simple, un peu tunisien, un peu routinier.
Alors de temps en temps il faut se prendre par la main, se permettre de sortir, de visiter ou d’appeler tel ou tel autre « ami » tunisien.

jeudi 29 octobre 2009

Petit topo tant attendu sur le collège

Ben voili je suis en Tunisie en tant que professeur de français en collège. Il s'agit d'un collège privé (mais peu cher), sous le direction de la prélature, mais qui accueille uniquement des enfants et des jeunes tunisiens, avec des professeurs arabes. C'est une grande structure qui regroupe de la dernière section de maternelle à la 9ème (équivalent des 3èmes). Les élèves sont de milieux hétérogènes avec un bon pourcentage de classe moyenne. Ceci est le cadre général rapidement brossé.
Comme tout le monde le sais je ne suis pas prof et encore moins de français (ici cette info est top secrète, je suis une prof expérimentée!).
Et bien ce n'est pas facile de devenir prof et je travail comme une folle. Si je ne manque pas de livre et que je dispose d'une photocopieuse au collège, les moyens qui me manquent le plus, sont disciplinaires.
Pour développer en quelques mots: il ne me manque plus qu'une bagarre éclate en classe, pour que j'écrive un livre, puis un scénario et que je reçoive tous les prix au prochain festival de Cannes. Car mieux que "entre les murs", plus fort que l'esquive". Je vous présente "le collège tunisien !"
Mon statut d'étrangère européenne, quoique fièrement recherché par les parents d'élèves, ne me vaut peu de droit au respect de la part de mes jeunes ados de 8ème années (de 13 à 14 ans), ou qui sans aller jusque là considèrent tout de même le cours de français comme un espace de liberté, prolongation de la récréation et remplaçant tous les lieux inexistants pour la rencontre, l'amusement et la révolte.
Bref un beau défi, très usant mentalement qui relève certains jours du combat, mais qui donne envie de leur donner envie.

La ballade continue !

En direction de hammamet.............
C'est l'occasion de tester le louage (mini bus ou plutôt voiture à 9 places), qui se remplie au fur et à mesure et qui part vers la destination qu'une fois plein. Ils sont également connus pour leur conduite sportive et rapide.

Un petit tout dans l'eau, encore hyper chaude pour une mi octobre. Pas de maillot alors baignade en habits, mais je suis sûre que vous n'êtes pas surpris.






Hammamet vieille ville ou médina (et non hammamet nouvelle, chef lieu des clubs meds), petite fortification dite de Barberousse et vieille médina, où s'étallent céramiques et autres artisanats et oeuvres d'arts.












Sur le route vers Hammet....







Je vous enmène en voyage........

Bienvenue au café des délices !
Flânerie, soleil et jus de fruit à tomber par terre, Sidi Bou Saïd est le petit paradis qui jouxte la métropole tunisienne.

Au bord du lac de Tunis, Sidi Bou est construite à flanc de colline. Chaque maison peut ainsi profiter d'une vue magnifique et d'un ensoleillement sans pareil, dans une ambiance paisible de petite village privilégié.










dimanche 4 octobre 2009

Une belle rencontre




Je raconte, je raconte , pressée de rattraper mon retard mais j'en oublie l'essentiel.


A trop raconter je ne vous ai pas présenté la belle Rencontre. Celle que tout voyageur attend, celle que tout curieux souhaite, celle que tout étranger rêve.

La première approche et rencontre fût initiée par les précédentes coopérantes et sa passation fût pour nous le plus beau cadeau d'accueil.
Il s'agit d'un personnage si grand et particulier qu'il nous est déjà précieux!!

Elyes!!

Elyes grand enfant de la médina, muezzin soufiste de la mosquée Zitouna, guide, hôte, ami..........
Elyes est un amoureux des rencontres et du genre humain dans toute sa simplicité et son humilité. Éternel souriant, fortement tunisien et gardien de la culture tunisienne, il est également un grand curieux, ouvert aux autres et respectueux des différences. Cet enfant de la médina d'où il n'est jamais quasiment sorti connaît tous les étrangers de la ville.
C'est ainsi qu'il nous a adopté.
Avec lui la médina n'a plus de secret. Il nous invite à partager des moments de la vie tunisienne qui nous seraient interdits habituellement: s'installer à un café des quartiers populaires pour y siroter un thé, fumer la chicha, parler de religion, des rapports homme- femme, de la vie de famille........
Il nous initie aux prix réel des objets, à la prononciation arabe, aux chants soufistes.
Bref il nous fait sentir un peu moins touristes ou expats et surtout étrangères acceptées!
Quand les regards nous gênent, quand nous retenons notre comportement, nos gestes, il nous invite à rester être naturelles , nous mêmes, libres hors des "conventions" tunisiano-musulmanes".

Elyes est notre génie sorti de la lampe magique, qui réalise nos désir de rencontre et de découverte.