dimanche 21 février 2010

Quelques brèves tunisiennes





Bientôt six mois en Tunisie, déjà ! Le temps passe vite. Six mois bien remplis, un petit quotidien bien rodé, des découvertes, des connaissances des apprentissages, quelques frustrations et quelques critiques et encore de nombreux projets et questions.

Le quotidien :
Mon quotidien de coopérante n’est pas si différent. Car ma foi vivre en Tunisie et travailler en Tunisie, c’est comme partout: se lever chaque matin, prendre une douche, petit déjeuner et partir travailler. Etre professeur, cela veut dire avoir un emploi du temps fixe pour l’année : lundi grammaire, mardi expressions orales et écrites puis exercices, jeudi vocabulaire ou lecture et enfin vendredi conjugaison. Ce sont aussi de réguliers week-end et fins de journées voués à la préparation des cours, des exercices, à l’étude des programmes et à la correction des copies. Les mardi soir dans le bureau de Bertrand, notre directeur à dire mon ras- le- bol et mon incapacité à gérer mes élèves, à refaire la pédagogie, à chercher des solutions. Brefs un quotidien bien cloisonné entre les murs du collège et de la maison. Mais c’est aussi le mardi, le repas à la cantine, suivit de près par le café en ville avec Sabrina, le rire et le sourire de Michel qui est toujours là pour m’écouter et me tenir informer du score le l’OM et les petites poses à l’infirmerie chez Françoise.

C’est aussi les après- midi du lundi, mercredi et vendredi, consacrées à l’alphabétisation pour adultes, tunisiennes et africaines. L’alphabétisation, une vrai récréation et bouffée d’air pour moi ! Elle me réconcilie avec le français, l’enseignement et m’offre une approche sociale et humaine plus directe et simple avec la Tunisie. Toujours présentes, attentives, motivées et souriantes, ces brins de femmes de tout âge, et d’histoires différentes, donnent un sens concret à ma mission et me transmettent leur énergie. Bien sûre il y aurait à redire sur l’organisation, le surpeuplement des cours qui limite les moyens ; mais ce ne sont jusqu’à présent que des instants de bonheurs partagés.

Il y a aussi depuis l’incendie à la bibliothèque, mes jeudi après-midi à l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes) tenue par les pères blancs, à donner un coup de mains, à trier les livres, à les sécher page par page, les nettoyer page par page. Travail minutieux et laborieux mais qui me rappelle un peu sur certains points ma belle discipline archéologique.

Et puis c’est rentrer le soir à la coloc, être fatiguée, être là pour les filles, raconter sa journée, écouter celle des autres, acquiescer, sourire ou se taire, faire la cuisine, se poser dans sa chambre, décider de se faire un apéro pour bien finir la journée (et oui l’apéro est régulier au 7 sidi saber).
C’est aussi avoir l’impression d’être seule, de voir et de tout faire qu’avec les bnets (filles), de manquer d’amis à soi, extérieurs. C’est les soirs et les week-ends où on est tellement fatigué que l’on ne sort pas, ou on reste en mode collège, où il n’y a pas grand-chose à faire.
Car il faut avouer que le soir ou les samedi sont des temps en famille et que tout ferme tôt, sans compter qu’une ou des filles seules le soir ici c’est moyennement conseillé.

Un quotidien simple, un peu tunisien, un peu routinier.
Alors de temps en temps il faut se prendre par la main, se permettre de sortir, de visiter ou d’appeler tel ou tel autre « ami » tunisien.

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